Maison autonome : ce qu’il faut savoir
Par Benjamin Vialan, ingénieur bâtiment – J’autonomise
Être autonome en eau, en électricité et en chauffage : est-ce possible, est-ce légal, et par où commencer ? Voici l’essentiel à connaître avant de se lancer dans un projet de maison autonome.
Pourquoi rendre ma maison autonome ?
A l’heure actuelle, il apparaît plus que judicieux de produire localement et écologiquement les ressources dont nous avons besoin. Une maison autonome, bioclimatique et économe apparaît comme une solution concrète pour un présent acceptable et un avenir viable (en savoir plus).
Une maison autonome, c’est quoi ?
Une maison autonome produit elle-même les ressources dont ses habitants ont besoin pour vivre : eau, électricité, chaleur. C’est réalisable grâce à des systèmes de production écologiques et aux principes des maisons bioclimatiques (conçues pour tirer parti du soleil et du climat local) et passives (qui consomment très peu d’énergie pour se chauffer).
Elle peut être autonome totalement ou partiellement, selon la performance de ses équipements de production et, surtout, selon la maîtrise des déperditions (l’énergie perdue inutilement) et des consommations superflues.
Rendre sa maison autonome, c’est limiter l’impact de notre mode de vie sur la nature, s’adapter au dérèglement climatique et gagner en indépendance pour assurer nos propres besoins.
Une maison autonome en eau, c’est légal ?
Pourquoi devenir autonome en eau ?
Beaucoup d’entre nous font attention à la qualité de leur alimentation, sans toujours se poser la question de l’eau du robinet : elle est traitée chimiquement et peut contenir des traces de microplastiques, de médicaments ou de métaux.
Nous utilisons aussi de l’eau potable pour les toilettes, alors que certains Français se sont retrouvés sans eau courante (exemple : plusieurs communes du Gard et l’Aude à l’été 2021).
Pourtant, récupérer l’eau de pluie de sa toiture est aussi simple que de puiser dans les réserves souterraines. Et il pleut annuellement l’équivalent de 1/8 de nos réserves souterraines françaises.
L’eau devient un bien rare, il faut donc valoriser chaque goutte judicieusement.
Or, près de 90 % de l’eau que nous consommons n’a pas pour but d’être ingérée par notre corps. Mais sert à alimenter nos toilettes, diverses machines et besoins ménagers.
Il est possible de devenir autonome en récupérant, stockant et filtrant assez simplement l’eau de pluie. Afin de laisser les ressources souterraines pour le reste de l’écosystème.
Est-ce qu’on peut boire l’eau de pluie ?
Pour les 10 % restant, il est possible et légal de potabiliser l’eau de pluie dans un cadre privé. Contrairement à une idée reçue, la loi ne l’interdit pas et les techniques de potabilisation sont connues et accessibles. Au même titre qu’il est autorisé de consommer l’eau d’un captage privé, il est possible de consommer l’eau de pluie. A condition de la potabiliser conformément à la réglementation. Bien sûr le sujet est technique et l’enjeux est élevé, car il est sanitaire. Mais des solutions fiables existent et nous sommes là pour vous conseiller et vous accompagner.
Même si vous avez toujours vu l’eau couler au robinet, cela ne veut pas dire que ce sera toujours le cas.
Le climat change vite, et les sécheresses se multiplient.
Une maison autonome en électricité, c’est possible?
Quelle source d’énergie pour devenir autonome ?
L’autonomie électrique est maintenant accessible à des prix qui ne cessent de diminuer avec des solutions photovoltaïques. Les prix des systèmes de production ont été divisés par 4 globalement en 10 ans. Il est maintenant possible de produire suffisamment d’énergie électrique pour répondre à ses besoins à des prix d’installations acceptables.
Des solutions complémentaires au photovoltaïque existent, les éoliennes, les mini-centrales hydroélectriques. Mais une étude approfondie du niveau de production journalière reste pour autant nécessaire pour démontrer leur intérêt suivant les cas. Leur pertinence est bien souvent plus limitée que les solutions photovoltaïques.
Bien sûr pour devenir autonome, il faut tout d’abord limiter au maximum les déperditions inutiles. Et pour y arriver totalement, il faut apprendre à consommer au bon moment, pour utiliser judicieusement sa propre ressource.
Afin de réussir son investissement, une analyse détaillée des consommations et possibilités de productions est donc primordiale. Et pour atteindre son objectif de production, une modélisation détaillée est primordiale : les promesses sans calcul sont malheureusement fréquentes dans ce secteur.
Les panneaux ne produisent pas la nuit : La mise en place de système de stockage par batteries, reste actuellement la seule réelle solution. Mais une diminution du prix d’achat sera nécessaire pour rendre cette solution plus largement accessible. Les prix des batteries baissent rapidement, comme ceux des panneaux avant eux.
Est-ce qu’un panneau solaire est écologique ?
L’impact environnemental de la fabrication d’un panneau photovoltaïque est amorti après 2 à 3 ans de production en France. Ce qui est très performant, sur les plus de 30 ans de production d’un panneau solaire. Et au moment de l’arrivée en fin de vie, les panneaux sont recyclables gratuitement à plus de 90 %, avec le réseau Européen PV Cycle.
Le sujet de l’utilisation de certaines ressources rares, n’est pour autant pas encore totalement résolu. Il en est de même pour certaines ressources dont l’extraction est écologiquement plus que discutable. Mais ce sujet reste applicable à bon nombre de produits utilisés couramment dans le bâtiment.
Le photovoltaïque reste actuellement la solution la plus performante, responsable et réaliste. Pour assurer la production de nos besoins électriques individuels de manière écologique et indépendante.
L’énergie solaire est une ressource naturelle et renouvelable, disponible directement chez vous, exploitez-là.
Une maison autonome en chauffage, comment faire ?
Quelle source d’énergie pour devenir autonome ?
L’autonomie en chauffage est accessible depuis bien longtemps, sous différentes formes. Historiquement à l’aide de bois et d’efforts physiques très conséquents. Mais depuis maintenant plus de 30 ans, à l’aide de maisons passives et bioclimatiques, neuves ou rénovées. Ces dernières sont thermiquement performantes au point de ne nécessiter que des apports externes énergétiques minimes. Et seulement pendant une durée très limitée de l’année. Le reste du temps, les apports naturels et gratuits solaires font office d’unique chauffage. Ainsi, il est donc possible d’être autonome sans déplacer des montagnes de bois.
D’autres solutions existent, mais globalement le postulat de base reste toujours le même, réduire au maximum les déperditions thermiques. Afin de ne pas jeter par les fenêtres et murs les calories captées naturellement et sans efforts.
Il suffit pour cela, de dimensionner judicieusement les solutions thermiques adaptées à votre maison, et non de reproduire une solution type sans vérifier que l’objectif recherché sera réellement atteint.
Une fois les déperditions inutiles minimisées, il faut maximiser les apports solaires en période froide. A l’inverse en période estivale, on les limitera au maximum.
Et pour gagner encore en autonomie. Il vous suffit de stocker l’énergie produite ou naturellement captée (chaude ou froide suivant la saison), dans des éléments structurels. On lisse ainsi les températures ambiantes et on gagne en confort.
Les systèmes de chauffage servent globalement à compenser les déperditions thermiques inutiles. Isoler correctement c’est donc un moyen de gagner en autonomie.
Comment devenir autonome ?
Avant toute chose, il est nécessaire que vous vous projetiez dans votre maison pour assez longtemps. Car l’autonomie est un investissement financier et personnel. Il sera plus ou moins rentable écologiquement et financièrement, en fonction de votre mode de vie, des évolutions de la Société et en fonction du temps que vous restez dans votre habitation.
A l’allure où vont les augmentations tarifaires, le dérèglement climatique et l’apparition de différentes crises.
Il n’a jamais été aussi judicieux de se projeter dans l’avenir.
Bien sûr, vous pouvez croire les promesses d’installateurs et fabricants de systèmes d’énergie renouvelable ou de rénovation thermique. Certains sont compétents et honnêtes. Mais un conseil avant d’investir, assurez-vous du sérieux des promesses faites par la personne en face de vous. Car malheureusement, nombreuses sont les personnes déçues après réalisation des travaux. Lorsqu’on vous annonce un résultat chiffré, demandez la modélisation qui le démontre.
Déterminer qu’elles sont les solutions les plus appropriéesà votre maison et votre mode de vie.
Sans oublier que la solution à la fois unique et parfaite n’existe pas.
Les mots techniques en clair
- Bioclimatique : maison conçue pour profiter du soleil en hiver et s’en protéger en été.
- Maison passive : maison si bien isolée et étanche qu’elle n’a presque pas besoin de chauffage.
- Déperditions : énergie perdue inutilement, par les murs, le toit, les fenêtres ou les fuites d’air.
- Potabiliser : traiter une eau (filtration, désinfection) pour la rendre propre à la consommation.
- Photovoltaïque : panneaux solaires qui produisent de l’électricité.
Qui suis-je ?
Je suis Benjamin Vialan, ingénieur bâtiment et maître d’œuvre depuis 13 ans. Avec J’autonomise, bureau d’études indépendant des fabricants et des installateurs, je conçois et dimensionne des maisons autonomes en eau, en électricité et en chauffage, et j’accompagne la rénovation du bâti ancien (humidité, confort thermique, santé du bâtiment). Plus de 230 projets accompagnés depuis 2022, en France et en francophonie.
Chaque projet commence par une analyse gratuite d’environ 30 minutes en visio : vous me présentez votre projet, je vous donne mon avis sur sa viabilité et sur les bonnes étapes pour avancer.